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Rapports
2° Régiment Blindé |
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Deux documents nous ont servis pour relater l'activité du 2° Régiment Blindé Polonais sous les ordres du Commandant Koszutski :
- le Summary of Events and Information du 18 août
- le compte rendu daté du 19 août, document officiel à destination de la 10° Brigade de Cavalerie
Ces documents assez peu homogènes nous donnent des informations
précieuses, sur l'activité du Régiment et un bilan
qui ne sera repris nulle part ailleurs.
Toutefois,
en réponse à ses détracteurs, Stanislaw Koszutski
a rédigé un texte de quatre pages dans le livre «
La 1° DB en marche », chapitre « Dans le chaudron aux
Champeaux » qui est un témoignage inédit permettant
de constater une autre interprétation des faits, des doléances
et des réponses à des critiques, notamment celles du Général
Maczek, qui, semblent-ils, n’existaient pas au lendemain des combats.
Nous les rapporterons ultérieurement dans les commentaires.
17
août 1944 : le 2° Régiment blindé occupait la
cote 259, quand un messager du PC de la 10e Brigade blindée, a
apporté une nouvelle mission :
Par ordre du commandant suprême des forces alliées Le régiment
blindé doit faire route vers Chambois pour intercepter les Allemands
et rencontrer les Américains.
01h00 : Briefing avant le départ
01,00
briefing des commandants. Nous sommes tous très épuisés.
Allongés sur l'herbe avec des lampes de poche, chacun est là
maintenant et puis quelqu'un s'endort.
Le Commandant du régiment dit :
- Nous allons vers Chambois pour encercler les Allemands partant de la
région de Falaise vers Trun. Pour arriver à Chambois vous
allez avancer de 12 km de nuit, parmi les forces allemandes, que nous
obtenons en profondeur dans sa position et se loin derrière, en
traversant la route de retraite. Nous allons éviter les routes
principales. Nous allons en colonne, en suivant éventuellement
la lumière de ma lampe. Ne vous dispersez pas. Ne tirez pas, et
je vais donner des ordres. Imaginez que nous sommes une colonne allemande.
Veillez à ce que tous les soldats sachent pourquoi, où et
comment nous allons. L'infanterie sur les chars. Le 1° escadron en
tête.
01h30
Le Régiment s’est
mis en route à 01h30. A. 01h00 devaient venir des munitions et
de l'essence – mais rien ne vint. C'est dur.
Le Commandant du régiment décide d'aller avec ce qu'il a.
Nous sommes à la recherche d'un guide, mais aucun vivant autour.
Nuit noire. Le commandant du Régiment étudie la carte à
nouveau qui ne correspond évidemment pas au terrain.
02h00
Le régiment éreinté part, marche difficile sur une route tracée dans un terrain pentu et marécageux. Nos poids lourds eurent des difficultés pour descendre de la cote 259, se déplacer compte tenu des routes étroites, des haies, et s'orienter, absence de résidents en mesure de les guider. Ainsi, la colonne entière a perdu une heure environ à une intersection essayant de trouver un guide, qui en fin de compte n'a pas été trouvé. À la jonction de 427.586 (les Serries) le régiment prit le chemin à droite et se mit à errer ce que personne ne semblait réaliser.
Le rapport destiné à la Brigade est concis, mais il évoque la traversée de la route de Trun à Vimoutiers, en haut des Bois d’Auge qui ne figure pas dans le journal des opérations.
Afin d’exécuter l’ordre d’aller sur CHAMBOIS, nous avons quitté ensemble avec le 8° bataillon de chasseurs, les environs de la cote 259, le 18 vers 02h 00.
Nous avons traversé la route Falaise-Trun où nous avons croisé une colonne allemande sans un coup de feu.».
Cette information
prouve les problèmes d’orientation (il s’agit en fait
du point 412606 correspondant au croisement de la route de Saint Gervais
les Sablons aux Lignerits et de Trun à Vimoutiers, en haut des
Bois d’Auge).
Cet épisode a souvent été décrit. Comme nous
le verrons ultérieurement, il se situe à 3h40 pour le 2°
escadron.
Une avancée pleine d’embuches
« Dans le chaudron aux Champeaux », le cheminement est très détaillé.
Après une heure d’effort, la colonne se met en marche.
Et presque au même moment, les avions allemands envoient des fusées
au-dessus de nous.
- Arrêtez!
Après un certain temps de progression. Heureusement nous n’avons
pas été repérés. La colonne très étirée
avance très lentement sur un étroit sentier, un chemin creux.
Après quarante minutes, nous débouchons sur quelque chose
qui peut être considérée comme un chemin. Des deux
côtés, la forêt sombre, on ne peut voir quoi que ce
soit.
Allumer une petite lumière – ordre du commandant du régiment.
Pendant un moment, la colonne brille feux en forme d’yeux de chat
à l’avant et rouge à l'arrière. La route est
de plus en plus lisse. Ici et là apparaît une petite étoile
dans le ciel. Recroquevillés sur les chars, les fantassins du 8°
bataillon d’Infanterie reprennent lentement des formes humaines.
Nous
arrivons finalement à la route principale de Trun, éteignons
les lumières. Un rapport provenant de l’escadron fait état
d’une colonne de véhicules allemands venant de l’ouest.
Couper la route, ne laisser aucun espace, ne tirez pas – ordre du
commandant.
Nous vivons un frisson d'une folle excitation. Que va-t-il se passer ?
Est-ce que ce sera oui ou non ?
Alors
commence quelque chose d’improbable. On ne sait pas si le désarroi
en est la cause, à voir des allemands s’arrêter pour
laisser passer une colonne compacte.
Qui plus est, un soldat allemand régule la circulation. Que diable!
Magie ou pas ? Les fuyards devraient reconnaître les Sherman ! Et
aussi, les grandes étoiles blanches sur les chars.
04h00
Le Régiment rencontre de front une petite colonne de voitures, qui sera détruite, dispersant le personnel et les voitures en feu.
Nouvelles précisions « Dans le chaudron aux Champeaux ».
Tous ont poussé un soupir de soulagement quand la queue de la colonne
est passée. Nous nous arrêtons au croisement pour chercher
notre chemin.
Nous nous empalons littéralement sur un détachement d’Infanterie
allemande. Une ou deux rafales de mitrailleuses partent dont nous ne sommes
pas responsable. Les tirs se taisent. Les allemands disparaissent (bon
débarras) et nous pouvons aller plus loin. Nous sommes à
la recherche de guides, mais toutes les maisons sont vides.
Le contact avec la Brigade est perdu.
04h30
La colonne se déplaçait de manière à atteindre les points suivants X 427586 – Y 436588 – X 435599 – Y 425604 – X 425612 - X 437608 - Y 442595 – Y 448593 (voir carte).
Au cours de ce dernier épisode, le 1° escadron de char a rencontré une colonne allemande, tiré au canon et à la mitrailleuse, incendiant quelques voitures et semant la panique parmi les Allemands surpris. Cet effet de surprise n'a pas été utilisé, parce que l’escadron était incapable de se déplacer parce que la route était bloquée devant lui par des voitures en feu, qu’elle était étroite et bordée de haies. En outre, le motif de la retenue était toujours le souci de trouver un guide. Cet arrêt des combats dura jusqu’à 6h00. Ce qui donna à l’ennemi du temps pour avoir des renforts et organiser une défense ad hoc.
Nouvelles précisions « Dans le chaudron aux Champeaux ».
Le
jour se lève. Soudain, de face, tirs d’armes automatiques.
Les allemands attaquent avec un commandant à la tête d’une
compagnie ou deux et huit véhicules. Ils nous ont reconnus et attaqués
à la grenade. Nous mettons en place toutes les voitures, Feu …
quelques hommes s’échappent, les autres sont pris. J’élimine
le barrage.
Nous
sommes sur une route étroite : à gauche, une pente, à
droite en contrebas des vergers et des bâtiments. Dans les vergers
des gros camions et de voitures. Des allemands en sous-vêtements
fuient des maisons. Notre infanterie leur tire dessus. Nous faisons environ
80 prisonniers. Vers la droite et en arrière on peut entendre le
bruit de chars. Des chars de chez nous, ce sont des Cromwell, certainement
un escadron du 10° P S K. Cela nous a clairement fait du bien, mis
de meilleure humeur, rendus des visages heureux. Une patrouille du 2°
Escadron est allée déterminer quel type de char, on ne sait
jamais. Les chars ne sont plus visibles. Ils sont revenus avec un message
de la population : une douzaine de chars allemands sont passés
près de nous. Nous en sommes séparés par la rivière
et les vergers.
La
voie est libre. Nous y voilà. Le 8e Bataillon de chasseurs écument
les maisons et les vergers et font de plus en plus de prisonniers. Sans
être vu, nous sommes entrés par derrière dans un groupe
de commandement ennemi. Nous trouvons les uniformes de deux généraux.
Leurs propriétaires sont partis se cacher dans les buissons. Un
bref passage en revue des documents nous indique que nous sommes dans
le PC de la 2° SS Panzer. Toutes les voitures et les fourgons hippomobiles
sont chargés d’ustensiles en argent, de vêtements,
de fourrures, de lingerie féminine, de vin et de nourriture.
Enfin,
nous avons un guide. Nous sommes aux Champeaux, situé à
environ 10 km au nord - est de Chambois - notre objectif, enfoncés
dans les lignes allemandes. Un coup d'œil sur le site et le tir dense
qui nous vise de tous les côtés témoignent que notre
situation n'est pas réjouissante. Maintenant le problème
est de savoir comment en sortir. Justement le premier escadron vient d’être
bloqué par un antichar.
Le rapport à la Brigade est sensiblement différent : il omet le premier combat et résume le passage aux Champeaux à partir de 5 h 00 en établissant un bilan plus complet.
Allant
plus loin au sud, ayant perdu ma direction après une nuit de marche
à 05h 00, je me suis retrouvé aux environs des Champeaux.
Là, j’ai trouvé des officiers allemands, probablement d’une
Division SS. Surpris, ils se sont enfuis en sous-vêtements. Plusieurs
voitures ont été détruites. Réalisant où
j’étais, je me suis dirigé vers le sud pour accomplir ma
mission. L’infanterie allemande nous a attaqués avec des armes
antichars dans les chemins étroits et les vergers. A chaque intersection,
nous avions des barrages d'artillerie anti-char. Le 8° bataillon de
chasseurs qui était sur les chars mena une attaque à pied.
Après 4 heures environ de combat, nous avons sorti cette Division
du village, détruisant : environ 10-12 canons antichars, 2 mortiers
6 coups, deux chars et des dizaines de voitures.
2 ou 3 compagnie d’infanterie furent complètement détruites soit environ 100 à 200 morts et environ 100 prisonniers, pour ceux que nous avons pu dénombrer.
Après cela, j'ai été plusieurs fois attaqué de l'ouest pendant la journée et la nuit. Approches faibles des allemands toutes repoussées. J'ai pris environ 80 prisonniers au PC du régiment, des mortiers, des canons Nebelwerfer, le commandant du régiment, un adjudant, un officier ou un médecin et des fournitures.
06h
30
A
06h30 environ on a finalement trouvé un guide qui a été
mis sur l'un des chars de tête. L’escadron a commencé à
bouger mais seulement d’une centaine de mètres parce qu'il se trouva
sous le feu d’un antichar. A cette occasion, le guide a été
blessé et a dû être libéré.
La
route est coupée par une barricade défendue par deux canons
de 88 mm positionnés au loin sur le côté gauche. A
droite, une pente raide, une véritable falaise. Le 1° escadron
nous informe que descendre la route est impossible et que notre guide
est blessé.
La
quasi-totalité de la colonne est sous le feu des mitrailleuses.
Les soldats de la 8ème Bataillon de chasseurs ont fort à
faire, mais leurs pertes sont importantes. Ils grimpent sur la pente pour
éliminer les Allemands qui lancent des grenades à main.
Les chars dirigent le feu vers la droite sur les Allemands situés
dans les vergers. On compte de plus en plus de blessés parmi les
fantassins, dans l’enchevêtrement des chars, de plus en plus
de prisonniers. Les tirs allemands sont de plus en plus forts. Nos blessés
sont allongés sur des chars avec les prisonniers. Littéralement
dans les bras les uns des autres sous le feu meurtrier.
L’arrivée
d’une nouvelle vague d'Allemands semble imminente sur la droite,
droit sur le 2° escadron. L’escadron a une possibilité
de déployer ses deux pelotons. Les Allemands proches tout à
coup se déplacent vers les unités déjà en
place, qui commencent à développer un ouragan de feu sur
la route. L’incendie se révèle être très
violent. Les Allemands sont pris de panique. Ils sortent de terre et s’égayent
partout comme des feux follets. Ils retirent leurs uniformes, jettent
leurs armes en poussant des cris. Ils sont quasiment en totalité
en feu et se jettent sous les chenilles d'un tank.
En
même temps le premier escadron a fait taire l’anti tank allemand
et a ouvert une brèche à travers la barricade. En avant.
Les pelotons du 2° Escadron marchent dans la colonne. En queue le
3e escadron contient l'infanterie allemande qui attaque avec des grenades
et des Panzerfausts. L'infanterie est sur les chars. Avec leurs fusils
Schmeisser, les allemands tirent sans cesse. Leur objectif est de mettre
le feu au 3° escadron.
Nos
gorges sont sèches. Nous avons terriblement envie de boire. Nos
jambes sont lourdes.
— La colonne se remet en marche, le 1° escadron nous informe
que devant nous, au carrefour, un antitank et des fantassins bloquent
le passage.
— Alors l’antichar et une mitrailleuse ouvre le feu sur la
droite de la colonne - heureusement ils manquent leurs cibles. Nous sommes
sous un feu nourri. Nous ne sommes pas d'accord, car l'infanterie est
affaiblie ...
— Il faut avancer à tout prix – ordre du commandant
de régiment.
— Actuellement, le 1° escadron ne peux pas bouger, il est au
cœur d’un véritable incendie – répondit-il.
— Commandant d'escadron en tête et assaut par la colonne si
vous ne pouvez pas autrement – ordre du commandant de régiment.
Cet
ordre est de la pure folie, mais il n'y a pas d'autre choix. Il ne peut
y avoir de retour en arrière, car il est impossible de se déployer.
Les conditions de lutte contre l'incendie, dans la colonne – sont
très faibles. Le 1 ° escadron informe que le char de tête
est endommagé. Vous ne pouvez pas le remplacer, le retirer de la
route. Les tirs allemands s'intensifient.
Puis,
dans le ciel, le bruit des avions. Quelqu'un crie:
Messerschmidts !
Non, ce sont nos Thunderbolts. Ils sont une vingtaine, tournoyant au-dessus
de nous. Le régiment entier jette des fumigènes de reconnaissance
de couleur jaune.
En
vain. Le premier avion descend en piquer, tire deux rafales et repart.
Deux geysers géants noirs de terre explosent vers le haut et retombent
lentement en pluie fine. Tous les avions, les vingt, font de même,
méthodiquement, calmement. Jour de tempête sur la terre en
Août. Je pense que c’est sûrement la fin.
Antennes
cassées, pas de liaison avec la brigade, l'enfer sur terre.
Dents serrées, il nous faut attendre. Nous persistons dans le désespoir.
Rester poings serrés – c’est ce que nous pouvons faire.
Quelqu'un n'a pas tenu nerveusement ¬ il a ouvert le feu à
une distance trop grande. Non-sens.
- Jeter plus de gaz - cria quelqu'un.
Et
cela n'arrête pas. Des bombes tombent sur les deux côtés
de la route entre les chars. Les éclats d’obus et les pierres
du ballast font de nombreux blessés parmi les hommes sur les chars.
C'est un miracle qu'aucun char n'ait pas été directement
touché. Vision comique et tragique en même temps de nos fantassins
et des prisonniers allemands entassés. Je ne sais pas combien de
temps cela a duré une heure, ou seulement quelques minutes.
Jésus, Marie voilà une nouvelle vague.
Nous
attendons avec un sentiment de véritable impuissance. Tout se répète
exactement. Plusieurs chars sont fortement secoués, un a une suspension
brisée, tous sont couverts de terre, mais aucun n'est touché
directement.
La
situation n'est vraiment pas enviable. En face d'un char endommagé,
le chemin étroit est barré par le ravin, et le travail d’un
anti-char supplémentaire : point de résistance des Allemands.
Sur les côtés, la pente est raide, et l'écart avec
la défense allemande n'est pas important. Au-dessus leur propre
bombardier. Vous ne pouvez pas reculer car le reste de la colonne vous
bloque.
Dans
une telle situation, seul un miracle peut nous sauver. Je suppose que
les miracles se produisent, parce que nous sommes sortis de cet enchevêtrement
: le 1° escadron a supprimé un escadron de chars et lutté
contre une colonne anti-char. Il a roulé sur eux, démolissant
leur équipage et mis le feu à des voitures pleines des munitions.
La
troisième vague d'avions arriva déjà prête
pour le bombardement, mais au dernier moment, nous sommes reconnus. L’avion
de tête, plutôt que de lancer ses bombes, se releva et en
fit beaucoup plus. Il vola au-dessus de nous très bas pendant quelques
minutes et est parti au loin, certainement gêné par ses compagnons,
étonné de de l’endroit où nous sommes et se
demandant ce que nous faisons à l'arrière des lignes allemandes.
07h 00
Au
moment de l'arrêt du tir des Allemands, des avions américains,
Thunderbolt, ont bombardé la colonne du Régiment et les
Allemands. Le régiment n'a pas subi des pertes plus graves, tandis
que des pertes importantes sont enregistrées pour le 8° Bataillon
de Chasseurs. Le pire, ces bombardements sont démoralisants et
ont en partie dispersés les hommes du 8° Bataillon.
Dès que le bombardement a cessé, la DCA du Régiment
commandée par le 2° Escadron a tiré dans l’axe de la
route et sorti sur le côté les canons anti-char, qui avait
arrêté le 1° escadron. En quelques minutes après
le départ du 2° escadron, la résistance allemande a
été brisée par le 1° escadron qui fit environ
50 prisonniers, dont un commandant de compagnie et un lieutenant, et a
ouvert la voie pour la colonne.
L'article « Dans le chaudron aux Champeaux » s'arrête là, à la sortie des Champeaux.
Nous
sommes partis. Après environ 400 mètres, nous avons pris
un virage à droite et plein gaz sur la route, nous allons vers
Trun. Lorsque la fin de la colonne a passé le virage, nous avons
tous poussé un soupir de soulagement, laissant le village enfin
derrière nous. Après avoir roulé quelques kilomètres,
nous nous sommes ressaisis et nous sommes organisés pour continuer
le combat.
La suite du rapport à la Brigade fait le bilan de l'activité pour l'ensemble de la colonne que nous reprendrons ultérieurement et indique des problèmes de coordination et l'attaque des avions alliés.
Unité Antitank pas jointe. J'ai perdu le contact avec elle bien avant l'aube.
8° bataillon
de chasseurs silencieux en panne radio depuis 2 jours. Manque de munitions
et d'essence.
Aucun soutien pour le 8° Chasseurs / Celui qui était prévu
est à l'arrière et on ne peut y aller.
Chars endommagés sauf exception en très mauvais état. Les stations de radio ne fonctionnent pas. Protection rapprochée très fragile – partiellement supplée par patrouilles des responsables et des équipages.
Je viens d’être bombardé par des avions alliés à deux reprises.
07h 30
Chemin faisant,
50 prisonniers dont un capitaine de compagnie ont été faits.
La voie étant libre, le régiment se dirigea vers le point
448 593.
En 440 585, il s'est arrêté avant le croisement de la route
de Trun. La raison de cet arrêt est l'absence totale d'essence dans
les réservoirs. Il restait environ trois miles. Le 2° Régiment
a signalé à la brigade le problème, une faute du
m.p. du Régiment. Une fois cette erreur expliquée, elle
a été signalée en même temps à la Division.
La question la plus importante est maintenant l’approvisionnement
du régiment. Mais il n'était pas possible en raison du régiment
de plans de charge du reste de la brigade qui avait seulement prévu
la liaison avec l’aide des patrouilles de reconnaissance pas avant
l’après-midi. Tout au long de la journée, les Allemands
bloque le régiment en sens inverse à l'est, sous les tirs
des mortiers allemands. Donne beaucoup de peine pour eux, pour les prisonniers
et les blessés Polonais et Allemands. Il n’y avait pas de
quoi évacuer ni les uns ni les autres. Parmi les prisonniers, il
y avait un médecin allemand du nom de Dr. Rosmus Gunther et des
infirmiers qui nous permirent de prendre en charge les nombreux blessés.
Après une nuit de combat, une grande fatigue se fait sentir de
toute la troupe. Météo chaude ensoleillée. L'infanterie
procède à la protection du régiment le plus proche
zone d'arrêt. Pas de prise de prisonniers.
18h30
Le régiment a demandé d’essayer d'obtenir un approvisionnement
par parachutage. Il a été bombardé par notre propre
aviation sur la cote 239 en 345 589. Un half-track a brûlé.
On compte des tués et des blessés.
La nuit a été calme.
En 440 585, le Régiment s'est arrêté en raison de pannes de carburant, sur la route 248 aux environs de Berne … où il a bivouaqué (témoignage vidéo de Guy Larivière). Il y restera jusqu'au 19 dans la matinée avant de partir vers la cote 262 sud (Maczuga) via la cote 239 (La ferme Saint Léger).
Le rapport à la Brigade fait en outre le bilan de l'activité. Les pertes humaines sont l'objet du Devoir de Mémoire.
Propres pertes:
8 ° bataillon de chasseurs environ 150 personnes - 51 personnes blessées
dans la compagnie la plus touchée, sur place environ 30 blessés.
2e Régiment Blindé : 2 tués, 11 blessés. - 1 char détruit – 5 endommagés.
Beaucoup de blessés
le long du chemin.
Je m'attends à des pertes importantes pour de l'infanterie …
Je le saurai plus tard.
Les 2° R B et 8° de Chasseurs sont complètement épuisés physiquement.
Le commandement pense ne pas être capable d'actions sérieuses
pendant 3 jours.
A en juger par l'organisation de la défense des Allemands à
l'Est Champeaux, notre intervention les a totalement surpris : la perte
du régiment établi dans cette région y a annihilé
l’activité des Allemands.
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